lundi 24 septembre 2007

Back to the roots



Benjamin Biolay

A écouter en boucle

Son interview sur evene :




Célèbre et célébré pour ses collaborations diverses (Julien Clerc, Henri Salvador, Juliette Gréco, Elodie Frégé), Benjamin Biolay livre ce mois-ci 'Trash Yéyé', son quatrième album. Porté par le tube 'Dans la Merco Benz', ce disque s’annonce, à n’en point douter, comme un des succès de la rentrée.


Nous rencontrons un Benjamin Biolay nonchalant, affable et cordial. Disert quand il s'agit d'évoquer sa vision de l'engagement ou sa passion du cinéma, le chanteur-compositeur se fait plus timide pour parler de son travail. Entrevue avec une plume et une voix qui comptent, avec un artiste qui n’a pas rangé sa langue dans sa poche.


"Quand un artiste peint une toile, il ne passe pas trois semaines à parcourir le monde pour commenter son oeuvre devant les médias", a dit Robert De Niro. Comment vivez-vous la promotion de votre album ?

C'est une obligation, par moments ça va être une discussion plaisante, donc il faut le prendre comme tel. Evidemment il faut éviter de dire des conneries, ce qui n'est pas vraiment ma spécialité… Ça permet aussi de faire des rencontres et puis ça fait un emploi du temps, on a l'impression d'avoir un vrai travail !


Comment s'est déroulée la phase de composition de ‘Trash Yéyé’ : accouchement difficile ou plus facile que les précédents ?

J'ai du mal à parler de "difficulté". Même si c'est un travail de longue haleine avec des moments de doute horribles, c'est quand même tellement génial de pouvoir continuer à faire ses chansons, suivre sa passion d'adolescent quand on est adulte. J'ai donc très sincèrement du mal à parler de "difficulté". Là, c'était plus morcelé que d'habitude… mais j'ai un peu oublié. Tout ce que je sais, c'est que ce n'était pas douloureux. En tout cas, les moments de studio étaient très chouettes.


Quelle est la spécificité de cet album par rapport aux autres ?

C'est la continuité du précédent que j'ai toujours vu comme une sorte de “diptyque”, même si c'est un terme un peu ampoulé... Pour moi c'est un peu le tome 2 de 'A l'origine' : il y a une légère cohérence par rapport au précédent. Sinon, chaque album est une aventure unique, même si ça ne s'entend pas forcément… Les gens ont parfois l'impression d'une continuité, mais c'est quand même un état d'esprit différent. Après, on est toujours la même personne, la même voix et on a toujours la même façon de voir les choses.



Vous composez d'abord et écrivez ensuite, ou le contraire ?

Je compose d'abord. J'ai toujours travaillé de cette façon-là, mais je le déplore parce que c'est plus facile d'écrire un texte d'abord, et se laisser ensuite aller par la narration. La chanson, c'est quand même une forme assez compliquée. J'ai beaucoup écouté de musique anglo-saxonne et il se trouve que je travaille comme la plupart des Anglo-Saxons qui, contrairement à ce qu'on croit, chantonnent d'abord un yaourt tout pourri avant de vraiment faire un texte en anglais. Moi aussi, j'ai un peu ces techniques-là. Souvent j'ai juste une idée de titre, ou même de "scénario" si on peut employer ce mot.



Un petit mot sur deux de vos anciens titres : ‘Los Angeles’ et ‘Rose Kennedy’. Traduisent-ils votre fascination pour les Etats-Unis ?

C'est vraiment motivé par des raisons artistiques. Pas seulement littéraires mais aussi musicales, cinématographiques, picturales... Je suis un grand fan d'Hopper par exemple. Je me rappelle, petit, avoir eu des flashes en voyant le président Kennedy, Mohammed Ali, Elvis, Brando, Hemingway… J'ai une fascination pour cette Amérique très européenne. En même temps, j'ai une grande passion pour la culture afro-américaine. Donc cet intérêt est aussi esthétique, j'aime beaucoup les richesses naturelles qu'offre ce pays : le Grand Canyon, les chutes du Niagara, c'est un truc de dingue. C'est un pays qui me fascine et me dérange à la fois, voire me dégoûte, et ce n’est pas près de passer. Même si, en ce moment, ma cote d'amour est faible comparativement à ma cote de haine, je reste très intéressé par ce pays et j'y vais de temps en temps…


Un autre de vos titres : ‘Négatif’. Cela correspond-il à votre vision de la vie ?

Ca correspond à ma vision de la vie deux minutes par jour ou par semaine, comme tout le monde. Je suis même plutôt optimiste. J'ai écrit cette chanson à un moment où j'étais complètement acculé. Mais même si ça a duré peut-être plus de cinq minutes, je ne m'en souviens pas. Mais bon, je ne “positive” pas à tout bout de champ non plus !


'Trash Yéyé', c’est un style que vous souhaitez créer ?

Pour moi, ça existe depuis longtemps : je n’ai pas inventé ce style, c'est Morrissey, le chanteur de The Smiths. Historiquement il adorait Sandie Shaw, qui est quand même une chanteuse yéyé ou bien je ne m'y connais pas en yéyé ! Les Smiths, ça a toujours été des titres assez rythmés, une ambiance assez sucrée, et même des riffs assez dansants. Une voix très lyrique qui balançait des sentences abominables, définitives, lapidaires, insoumises, très antisociales, parfois anticléricales. C'est lui le dieu du “trash yéyé” !


'Dans la Merco Benz', c’est un hommage à NTM ?

J'aime beaucoup NTM, j'aime bien 'Ma Benz', même si ce n'est pas ce que je préfère dans NTM. Sinon, en fait, j'ai moi-même une Merco Benz. Ce n’est pas plus compliqué que ça !


Vous travaillez pour des artistes très variés. Est-ce que le processus de création diffère de celui de vos albums ? Les chansons que vous composez pour les autres, pourraient-elles avoir leur place sur vos albums ?

Non, pas du tout, ce n'est pas la même façon de penser. Sans décider "A 16h30 je vais composer une chanson pour untel", car ça ne marche pas comme ça. Je peux me dire grosso modo "Je vais écrire une chanson pour telle personne", mais je ne peux pas me dire "Tiens je vais m'en faire une petite". Je ne peux pas me projeter de manière aussi concrète. Quand c’est pour moi, c'est plus empirique, des petits bouts de trucs que j'écris, que je compose, que je recolle : c'est un grand bordel, mes albums ! Ils sont souvent plus expérimentaux que ce que je fais avec les autres. On m'appelle plus souvent pour des chansons et pour un son que pour un grand voyage musical.



Avez-vous des artistes "coup de coeur" parmi les artistes français ?

Quand il y en a, je les sors d'un contexte : pour moi ce n’est pas un problème de génération. Diam's par exemple ce n’est pas "une femme qui fait du hip-hop", mais elle fait du hip-hop, c'est tout. Camille, ce n’est pas de la "nouvelle chanson française", elle fait des disques, c'est tout. Emilie Simon ce n’est pas "la fée de l'électro", c'est Emilie Simon, elle a ses chansons. J'aime bien les gens qui ont un parcours personnel très… personnel. Une indépendance d'esprit, surtout, ceux qui sont purs dans leur façon d'aborder leur création. Par exemple les trois filles que j'ai citées sont complètement intègres dans leur façon de travailler. Ce qui fait qu’elles me touchent. Quand on m’interroge sur un truc aussi rébarbatif que ce que les gens de Télérama appellent la "nouvelle scène française", ça me casse les c... C'est comme le poker, je n’aime pas ça, mais je ne dis pas que c'est de la merde.



Vous vous revendiquez socialiste, comment on vit ça sous l'ère Sarkozy ?

Il n'y a pas grand-chose à dire… Et puis ce ne serait pas en tant que socialiste mais en tant que citoyen. Pour l'instant c'est l'ébauche, ils font la maquette et on attend le disque, mais il ne va pas être terrible…


Et l'engagement, comment l’envisagez-vous ?

Comme une réalité de tous les jours, l'engagement n'est pas simplement dans le fait d'être “carté” ou de voter. C'est dans le fait d'être réactif sans être émotif, dans le fait de prendre dix minutes par jour pour se rendre compte que ce qu'on voit au JT, ce ne sont que des conneries : tout est réducteur, tout est simplifié. Mais il n'y a pas d'engagement concret possible dans une période comme celle-ci où tout le monde a la trouille. Donc Sarkozy… Les gens ont besoin d'un papa, même s'il est un peu jeune et boiteux. Ils se sont jetés dans ses bras parce qu'ils ont peur : parce qu'il y a une rupture Nord / Sud, parce qu'il y a une séparation entre l'Orient et l'Occident, parce qu'il y a une vraie guerre de Religion qui n'est même plus larvée entre le catholicisme et l'islam, etc. Les gens ont les foies, ils ne font pas de projets sur le long terme. La “droite bling bling”, ça les rassure un peu : il y a des yachts, il y a de la chemise blanche, il y a un côté Eddie Barclay, "keep cool"... Pour l'instant, il ne s'est rien passé, il n'y a pas de vraies réformes qui soient passées. Il faut voir les choses en face, il y a eu beaucoup d'agitation, beaucoup de nécrologie, mais il ne s'est rien passé.


Et l'engagement en tant qu'artiste…

Ça n'existe pas, l'engagement en tant qu'artiste. On peut être moral, mais on ne peut pas être politique, c'est trop complexe, c'est trop vaste, on tombe immédiatement dans le manichéisme primaire. Surtout dans une forme d'art ou d'artisanat comme la chanson qui est quand même très formatée : on ne peut pas faire de la politique en trois minutes avec des contraintes rythmiques, mélodiques…


Vous êtes en train de vous lancer dans le cinéma en tant qu'acteur : c'est le hasard des rencontres ou une envie qui mûrissait depuis longtemps ?

J'ai toujours adoré le cinéma et, si j'avais demandé, ç'aurait été plus comme scénariste ou réalisateur. Mais là, c'est le hasard des rencontres et les vertus du travail : au début je n'étais pas partant parce que je pensais que je n’en étais pas capable mais on a beaucoup travaillé, beaucoup répété et du coup ça me plaît énormément. Je découvre un truc, faire l'acteur. Je veux le faire bien...

MyImpact, une vision du monde

"Creating positive impact"

MyImpact´s mission is to inspire and enable people and solutions that have a positive impact on the sustainable quality of life :

After investing a couple of years in ourselves and enjoying
a pretty much sorrow free life in beautiful Switzerland, we feel like it’s time to see the world from more perspectives and also start giving back. Questions like “What are we here for?”, “What do we want to contribute?” or “How to make the world better?” keep coming back and we need to give them some more thought.
So, we took off for a great journey around the world to learn about an amazing variety of positive contributions and then sharing the knowledge with all of you.

“The real voyage of discovery consists not in seeking new landscapes but in having new eyes." Marcel Proust

Ayez du coeur, pour qu'il en ait un


Soutenez l'association fondée par Francine Leca, première femme chirurgien cardiaque

Vincent Dumestre


De Vincent Dumestre, la "perle la plus rare du sérail baroque français", vous pouvez/devez tout écouter

Charles E. Lindblom, The Market System : pour tout comprendre sur tout !


Ever since the worldwide collapse of Soviet-style communism, the triumph of the "market system" has been spoken of as a fait accompli, while the market has been touted as a panacea for every social ill from failing schools to Third World poverty. Lindblom (Politics and Markets: The World's Political-Economic System) explains what this "market system" is, details how it works, makes a strong case for its advantages and keenly outlines some of its limitations. Exploring the relationship between markets and democracy, for instance, he points out that while it's true that all democratic societies have market systems, we can't conclude that markets always foster democracy, because many antidemocratic societies also have market systems. Addressing nothing less than the nature of cooperation in human society, his discussion spans history, philosophy and political theory, an unusually multidisciplinary approach for an economics text. Lindblom, a professor of economics and political science at Yale University, also explores the relation of the market system to efficiency, ethics, social equality, power, the natural environment and culture. Posing bold questions such as "[I]s there in our time an alternative to the market system... ?" Lindblom provides refreshingly few definitive answers, making his the most mild-mannered economics book published in some time, as well as one of the most cerebral. (Apr.) Forecast: Admirably clear and penetrating, this book deserves to find a broad audience interested in an intellectual approach to economics. Unfortunately, since the title sounds dull, the author is little-known to general readers and the book is hard to categorize, it may not achieve the sales it deserves.

Jean Rouaud


Quelque part en Loire inférieure. Quelque temps après la guerre. L'histoire d'une famille sur laquelle le destin s'acharne et qui assiste, impuissante, à la mort rapprochée de ses membres les plus chers : le père, la tante, le grand-père, la grand-mère. A priori, rien d'original. Et pourtant, pour pouvoir dire ces morts, Jean Rouaud fait revivre cette famille avec une délicatesse et une tendresse remarquables, qui sont autant de bonheurs de lecture. Et si ses mots sonnent aussi justes, c'est parce que cette famille, c'est la sienne. L'écriture se fait souvenir et le regard de l'enfant croise celui du romancier dans une langue limpide et enjouée, avec laquelle le lecteur entre immédiatement en connivence.